|
|
|
La politique c'est un parcours et une destination. Or actuellement, dans bien des domaines et en particulier pour l'emploi, le parcours semble très chaotique et la destination plus qu'incertaine...
Nous n'avons jamais été aussi nombreux sur Terre, nous devrions donc compter de très nombreux experts et grâce au développement des nouvelles technologies, nos moyens d'observation et d'analyse n'ont probablement jamais été aussi perfectionnés. Pourtant tout laisse à croire que nos dirigeants politiques comprennent à peine ce qui nous arrive et dès lors, ils semblent incapables de toute projection au-delà d'un seul exercice comptable. Incompétence, manque de recul, manque de courage ou politique "courtermiste" du mandat ? A vous d'apprécier...
Cette situation ne peut plus durer, nous avons tous besoin d'y voir plus clair, qu'on se dise la vérité même si nous devons passer encore un temps par des moments difficiles, et bien entendu nous devons décider ensemble d'une politique pour un avenir plus plaisant. Nous avons donc besoin de vision pour comprendre le passé et son évolution jusqu'à la situation actuelle, et surtout nous avons besoin de vision sur l'évolution à venir des problématiques écologiques, économiques et sociales. Car en politique, sans vision il n'y a pas de raison.
Aussi tous les adhérents Terre Démocrate sont invités à exposer leur propre vision de l'avenir pour l'emploi. Ce n'est pas un sondage d'opinion, un bilan de connaissances ou un exercice de voyance, il s'agit de participer de manière démocratique à l'élaboration d'un projet collectif en confrontant nos attentes avec la réalité des contraintes qui se présentent.
Pour participer, vous pouvez donc adhérer à TD puis cliquez sur le questionnaire en illustration pour le compléter et nous l'adresser.
Cette situation ne peut plus durer, nous avons tous besoin d'y voir plus clair, qu'on se dise la vérité même si nous devons passer encore un temps par des moments difficiles, et bien entendu nous devons décider ensemble d'une politique pour un avenir plus plaisant. Nous avons donc besoin de vision pour comprendre le passé et son évolution jusqu'à la situation actuelle, et surtout nous avons besoin de vision sur l'évolution à venir des problématiques écologiques, économiques et sociales. Car en politique, sans vision il n'y a pas de raison.
Aussi tous les adhérents Terre Démocrate sont invités à exposer leur propre vision de l'avenir pour l'emploi. Ce n'est pas un sondage d'opinion, un bilan de connaissances ou un exercice de voyance, il s'agit de participer de manière démocratique à l'élaboration d'un projet collectif en confrontant nos attentes avec la réalité des contraintes qui se présentent.
Pour participer, vous pouvez donc adhérer à TD puis cliquez sur le questionnaire en illustration pour le compléter et nous l'adresser.
Comme pour nous consoler de son récent recul écologique sur la taxe carbone, le gouvernement français vient de publier sur son site une liste des « filières stratégiques de la croissance verte », avec de belles promesses à l’appui : 450 milliards d’euros de richesses en plus, 600 000 emplois en plus et 25% d’énergies fossiles consommées en moins d’ici 2020. En résumé le gouvernement compense sa lâcheté par… une supercherie.
En effet, nous l’évoquions déjà dans un article sur les emplois verts, ce ne sont pas les variations brutes liées aux activités vertes qui sont intéressantes, c’est le solde net une fois déduits les destructions de richesses et d’emplois liées à ces mêmes activités vertes. Et puis « occulter » les contreparties de la transition c’est faire croire à une écologie sans contraintes, mieux encore, à une écologie qui n’apporte que des avantages. Or nous le savons bien, les français souffrent déjà de la crise donc ils ont du mal à entendre parler de contraintes mais ils s’intéressent quand même à l’écologie, en particulier pour l’avenir de leurs enfants. Du coup, aux vrais écologistes qui passent pour trop contraignants, les électeurs préfèrent se tourner vers les démagogues qui font du green-washing en nous promettant des merveilles « propres ». Quelle aubaine ! Le gouvernement aurait tort de se priver…
Or toutes les évolutions écologiques seront en réalité des contraintes pour qui ne mesure pas les enjeux et souhaite conserver à peu près son mode de vie. Il convient d’ailleurs de distinguer les évolutions écologiques en deux catégories : il y a les évolutions actives, c’est-à-dire les choix que font les consommateurs ou ceux que font nos gouvernants, et les évolutions passives, c’est-à-dire ce qui nous est imposé par les limites de la Nature, notamment à cause du principe d’entropie qu’il est essentiel de connaître. Nous reviendrons plus bas sur les choix que le gouvernement nous claironne, avant ça juste un rappel sur les choix des consommateurs : il est évident que la plupart des comportements écologiques volontaires reposent soit sur une privation (réduction de consommation), soit sur une dépense supplémentaire (produits bios, voitures hybrides, etc…) et sur ce second volet, il ne faut pas oublier les plus pauvres d’entre nous qui peuvent vite culpabiliser de ne pas avoir les moyens de faire des choix écologiques…
Maintenant regardons de plus près la promesse de « croissante verte » du gouvernement français. Remarquez les Nations Unies ont aussi publié en 2008 un rapport promettant des merveilles sans contraintes… Analysons quelques unes des fameuses « filières stratégiques » :
Attention, il ne s’agit pas de dire que ces filières sont inintéressantes car il est absolument nécessaire d’engager d’importantes évolutions actives pour nous éviter de violentes évolutions passives par la suite. Il s’agit juste de ne pas attendre les miracles qu’on veut nous faire gober en oubliant de nous parler des contreparties au développement de ces « filières stratégiques », car en matière d’évolutions de flux productifs, pour être sérieux, honnête et responsable, il faut à la fois étudier chacune des variables de chaque flux et l’interaction globale entre les différents flux. Mais c’est un exercice délicat pour les démagogues car ils risquent ainsi de mettre à jour leur supercherie de « croissance verte » reposant uniquement sur les vieux mécanismes productifs du XXème siècle. Or dans la recherche pour un équilibre écologique soutenable, d’autres mécanismes existent pour une autre croissance : la croissance de l’emploi et du bien-être.
Or toutes les évolutions écologiques seront en réalité des contraintes pour qui ne mesure pas les enjeux et souhaite conserver à peu près son mode de vie. Il convient d’ailleurs de distinguer les évolutions écologiques en deux catégories : il y a les évolutions actives, c’est-à-dire les choix que font les consommateurs ou ceux que font nos gouvernants, et les évolutions passives, c’est-à-dire ce qui nous est imposé par les limites de la Nature, notamment à cause du principe d’entropie qu’il est essentiel de connaître. Nous reviendrons plus bas sur les choix que le gouvernement nous claironne, avant ça juste un rappel sur les choix des consommateurs : il est évident que la plupart des comportements écologiques volontaires reposent soit sur une privation (réduction de consommation), soit sur une dépense supplémentaire (produits bios, voitures hybrides, etc…) et sur ce second volet, il ne faut pas oublier les plus pauvres d’entre nous qui peuvent vite culpabiliser de ne pas avoir les moyens de faire des choix écologiques…
Maintenant regardons de plus près la promesse de « croissante verte » du gouvernement français. Remarquez les Nations Unies ont aussi publié en 2008 un rapport promettant des merveilles sans contraintes… Analysons quelques unes des fameuses « filières stratégiques » :
- Les véhicules décarbonés : prenons un véhicule abordable, par exemple la Friendly d’Heuliez si le gouvernement veut bien honorer sa promesse d’investissement auprès du constructeur… Bon déjà l’autonomie serait de 100 à 250km, ce qui n’est pas sans contrainte en termes de longs trajets ou de recharges hebdomadaires… 100 km c’est pour le modèle à 10/12 000 € TTC. Mais surtout, à mesure que nous passerons à l’électrique et que nous y créerons donc des richesses et des emplois, nous supprimerons en même temps des richesses et des emplois dans la filière hydrocarbures (pompistes, livreurs de carburants, raffineries, etc…) et dans la filière de l’entretien automobile vu qu’un moteur électrique demande beaucoup moins d’entretien qu’un moteur à hyrdocarbures… Que nous annonce le gouvernement comme politique pour compenser ces pertes de richesses et d’emplois ? Rien, vu qu’il omet tout simplement d’y faire allusion. D’ailleurs il ne s’inquiète pas non plus de la prédation accélérée d’uranium et autres risques nucléaires vu qu’aucune alternative n’existe à l’énergie électrique de masse fournie grâce à l’uranium.
- Les énergies marines et l’éolien off-shore : certes, en France nous pouvons profiter de nos côtes pour investir dans des installations hydrauliques ou éoliennes mais le rapport coût/production de ces énergies fait que le prix de l’électricité devra mécaniquement augmenter et ça, le gouvernement évite aussi de le préciser et de nous dire sur quoi nous devrons rogner en conséquence dans notre budget…
- Bâtiment à faible impact environnemental : nous l’avons étudié dans un autre article, plus un bâtiment est passif au niveau énergétique, plus il entraîne une décroissance en richesses, en emplois avec en plus une moins bonne redistribution des richesses… Evidemment, ça n’apparaît pas dans les promesses du gouvernement.
- Métrologie satellitaire et terrestre : là il n’y a rien à gratter en matière de richesses créées puisqu’il s’agit simplement de produire de nouveaux appareils pour mieux mesurer la pollution, donc certes il y aura des emplois nouveaux à la clé mais comme il s’agirait de dépenses publiques supplémentaires, il faudra bien que le contribuable paye… A moins que la dépense publique soit compensée par… des suppressions d’emplois (publics).
- Géothermie profonde et photovoltaïque : là encore, ce sont des énergies plus chères à produire (plus d’investissement, moins de rendement) donc c’est forcément le particulier qui payera la note, soit dans le coût d’installation, soit dans le prix de revient de l’électricité, et même en cas de subventions il faudra payer la note en tant que contribuable…
Attention, il ne s’agit pas de dire que ces filières sont inintéressantes car il est absolument nécessaire d’engager d’importantes évolutions actives pour nous éviter de violentes évolutions passives par la suite. Il s’agit juste de ne pas attendre les miracles qu’on veut nous faire gober en oubliant de nous parler des contreparties au développement de ces « filières stratégiques », car en matière d’évolutions de flux productifs, pour être sérieux, honnête et responsable, il faut à la fois étudier chacune des variables de chaque flux et l’interaction globale entre les différents flux. Mais c’est un exercice délicat pour les démagogues car ils risquent ainsi de mettre à jour leur supercherie de « croissance verte » reposant uniquement sur les vieux mécanismes productifs du XXème siècle. Or dans la recherche pour un équilibre écologique soutenable, d’autres mécanismes existent pour une autre croissance : la croissance de l’emploi et du bien-être.
Comment bien se préparer aux problématiques aussi graves qu’inédites de l’avenir, à tous les niveaux, en toutes structures et en tous secteurs, quand on ne se projette pas plus loin que la prochaine élection, qu’elle soit politique… ou syndicale ?
De ces stratégies uniquement guidées par l’avantage à court-terme, il n’y a rien à attendre de raisonnable. Pour prendre une image, c’est comme si un père de famille projetait d’emmener sa famille faire une belle ballade d’été en haute-montagne et qu’il se contenterait de lever la tête pour observer le mouvement des nuages au lieu de consulter la météo des heures qui suivront... Et bien non seulement beaucoup de nos représentants ne regardent que le ciel présent mais surtout nous connaissons maintenant la météo de l’avenir et elle promet d’être extrêmement périlleuse pour qui ne s'y prépare pas sérieusement…
Beaucoup de nos représentants mais pas tous : en entreprise, un dirigeant n’engagera jamais d’investissement lourd s’il n’a pas un solide prévisionnel à moyen/long terme pour son entreprise. Ce qui conduit d’ailleurs certains à se rapprocher de futurs marchés prometteurs et donc… à délocaliser. Mais après tout, vu que le politique n’apporte aucune alternative au mondialisme économique ultra-libéral, le dirigeant d’entreprise ne fait que s’adapter à cette dynamique funeste pour le système français. Sur ce sujet d'une alternative au mondialisme économique ultra-libéral, nous y travaillons.
Reste le corps syndical qui vit au fil des décisions, au gré des élections et au poids des adhésions. Par exemple, face à une revendication, y opposer la nécessité vitale pour l’entreprise de mettre en œuvre un projet d’évolution à moyen/long terme serait quasiment taxé de délit d’entrave. Cela dit, si le projet d’évolution est justement de délocaliser, les syndicats font bien de s’y opposer. Et puis après tout les syndicats répondent à ce que les salariés attendent d’eux, à savoir porter des revendications qui concernent le quotidien, le court terme. Mais toutes les entreprises et leurs salariés vont devoir s’adapter aux bouleversements de l’avenir, toutes, sans exception. Aussi nous avons tous intérêt à dialoguer ensemble, démocratiquement, pour bien préparer cet avenir.
Mais il est un autre phénomène qui coûte cher à l’entreprise et à la collectivité : le turn-over. Il paraît pourtant bien banal de considérer que les actifs changeront souvent d’entreprise et plusieurs fois de métiers dans leur carrière, c’est ce qu’on rattache faussement à l’idée de flexibilité. Bien sûr, qu’un chômeur doive retrouver une nouvelle entreprise, c'est une évidence ! Et qu’il doive se former à un autre métier pour réintégrer le marché du travail, c’est parfois nécessaire. En revanche, est-ce souhaitable de suggérer à l’entreprise que ses salariés sont jetables et suggérer aux salariés d'aller goûter l'herbe d'un autre pré pour voir si elle est meilleure ? Bien sûr que non, c’est à coup sûr y perdre en productivité, en compétences, en énergie et en argent (le coût de la formation continue notamment). Nous l’abordions dans un article précédent : la valeur travail ne s’impose pas, elle s’acquiert et se trouve fortement reliée à la valeur entreprise, autrement dit à l’attachement du salarié envers son entreprise. Et pour ce faire, le salarié doit trouver du sens à son travail dans le projet de l’entreprise, il doit pouvoir se situer clairement dans la mécanique de l’entreprise, identifier la responsabilité qui est la sienne et la mérite qui est le sien dans le succès de l’entreprise. Or le succès de toutes les entreprises, sans exception, passera forcément par une bonne adaptation aux problématiques d’avenir. Voilà que le chaos devient alors une chance : face aux défis de l’avenir, pour espérer un maximum de motivation et de fidélité des salariés, chaque manager devra impliquer son équipe à la mise en œuvre et la réalisation d’un projet collectif à moyen/long terme, et non plus seulement pour des objectifs de très court terme.
Dans la conquête d’un sommet, lorsque la météo devient très hostile, toute la cordée doit être solidaire car si un élément dévisse, tout le monde risque de dévisser. Mais si tous se sont entraînés aux pires conditions et que chacun peut avoir confiance en l’autre, alors même une météo hostile n’empêchera pas la cordée d’atteindre des sommets.
Beaucoup de nos représentants mais pas tous : en entreprise, un dirigeant n’engagera jamais d’investissement lourd s’il n’a pas un solide prévisionnel à moyen/long terme pour son entreprise. Ce qui conduit d’ailleurs certains à se rapprocher de futurs marchés prometteurs et donc… à délocaliser. Mais après tout, vu que le politique n’apporte aucune alternative au mondialisme économique ultra-libéral, le dirigeant d’entreprise ne fait que s’adapter à cette dynamique funeste pour le système français. Sur ce sujet d'une alternative au mondialisme économique ultra-libéral, nous y travaillons.
Reste le corps syndical qui vit au fil des décisions, au gré des élections et au poids des adhésions. Par exemple, face à une revendication, y opposer la nécessité vitale pour l’entreprise de mettre en œuvre un projet d’évolution à moyen/long terme serait quasiment taxé de délit d’entrave. Cela dit, si le projet d’évolution est justement de délocaliser, les syndicats font bien de s’y opposer. Et puis après tout les syndicats répondent à ce que les salariés attendent d’eux, à savoir porter des revendications qui concernent le quotidien, le court terme. Mais toutes les entreprises et leurs salariés vont devoir s’adapter aux bouleversements de l’avenir, toutes, sans exception. Aussi nous avons tous intérêt à dialoguer ensemble, démocratiquement, pour bien préparer cet avenir.
Mais il est un autre phénomène qui coûte cher à l’entreprise et à la collectivité : le turn-over. Il paraît pourtant bien banal de considérer que les actifs changeront souvent d’entreprise et plusieurs fois de métiers dans leur carrière, c’est ce qu’on rattache faussement à l’idée de flexibilité. Bien sûr, qu’un chômeur doive retrouver une nouvelle entreprise, c'est une évidence ! Et qu’il doive se former à un autre métier pour réintégrer le marché du travail, c’est parfois nécessaire. En revanche, est-ce souhaitable de suggérer à l’entreprise que ses salariés sont jetables et suggérer aux salariés d'aller goûter l'herbe d'un autre pré pour voir si elle est meilleure ? Bien sûr que non, c’est à coup sûr y perdre en productivité, en compétences, en énergie et en argent (le coût de la formation continue notamment). Nous l’abordions dans un article précédent : la valeur travail ne s’impose pas, elle s’acquiert et se trouve fortement reliée à la valeur entreprise, autrement dit à l’attachement du salarié envers son entreprise. Et pour ce faire, le salarié doit trouver du sens à son travail dans le projet de l’entreprise, il doit pouvoir se situer clairement dans la mécanique de l’entreprise, identifier la responsabilité qui est la sienne et la mérite qui est le sien dans le succès de l’entreprise. Or le succès de toutes les entreprises, sans exception, passera forcément par une bonne adaptation aux problématiques d’avenir. Voilà que le chaos devient alors une chance : face aux défis de l’avenir, pour espérer un maximum de motivation et de fidélité des salariés, chaque manager devra impliquer son équipe à la mise en œuvre et la réalisation d’un projet collectif à moyen/long terme, et non plus seulement pour des objectifs de très court terme.
Dans la conquête d’un sommet, lorsque la météo devient très hostile, toute la cordée doit être solidaire car si un élément dévisse, tout le monde risque de dévisser. Mais si tous se sont entraînés aux pires conditions et que chacun peut avoir confiance en l’autre, alors même une météo hostile n’empêchera pas la cordée d’atteindre des sommets.
Que signifie ce mot « efficience » ? Sur un site de l’Université Rennes 1 on peut trouver la définition suivante : « Présence et mise en œuvre optimales des ressources pour l'atteinte des résultats escomptés en adaptation, en réadaptation et en intégration sociale ». Voilà qui convient parfaitement au service attendu de Pôle emploi : que l’institution dispose de moyens performants et qu’elle les utilise au mieux pour l’adaptation/réadaptation des chômeurs au marché de l’emploi, et ce dans un objectif évident d’intégration sociale.
Comme nous l’évoquions dans un précédent article, Pôle emploi dispose déjà de moyens phénoménaux pour accomplir sa tâche. Bien entendu, compte tenu de l’augmentation quasi-permanente du nombre de demandeurs d’emploi (+30% depuis août 2008), on pourrait attendre que les effectifs augmentent autant (+5% seulement sur la même période). Cela dit le nombre d’offres d’emploi à traiter a (hélas) également diminué d’environ 30% mais le traitement de la demande (traitement des demandes d’allocation, saisie intégrale des données de nouveaux chômeurs, suivi périodique, étude des projets de formation, etc…) prend beaucoup plus de temps que le traitement de l’offre et les conseillers Pôle emploi sont donc bien dans le « bouillon », sans parler de l’augmentation des agressions graves envers les agents comme très récemment encore. Pour autant, recruter massivement de nouveaux agents plomberait un peu plus encore des finances publiques dans le rouge et finalement ces éventuels renforts massifs pourrait conduire les agents à se réjouir… de scier la branche sur laquelle ils sont assis ! Car un « incident de paiement » des finances publiques aurait un impact certain sur le salaire des agents voire sur leur poste…
Alors comment faire pour améliorer les conditions de traitement de la demande d’emploi qui afflue, afin de répondre à l’obligation d’adaptation/réadaptation des chômeurs pour une intégration sociale la meilleure ? Et bien des marges d’optimisation existent dans l’utilisation des moyens dont dispose Pôle emploi et nul besoin de faire travailler des experts pendant des mois, une nette amélioration peut se réaliser… dès demain !
Le principe : SIM-PLI-FIER le travail des agents et les démarches des demandeurs d’emploi. Simplifier pour donner de l’air et apporter de l’aide aux agents, simplifier pour permettre aux demandeurs d’emploi de se concentrer sur leur retour à l’emploi et non sur des tracasseries administratives. Quand vous pensez aux minutes perdus par chaque agent, multipliez par 50 000 agents et vous obtiendrez des milliers et des milliers de « journées/homme » perdues actuellement ! Voici quelques pistes concrètes :
On aurait pu avancer encore d’autres solutions mais nécessitant un effort plus important en matière d’investissement, en tout cas voilà déjà de quoi donner à la direction de Pôle emploi des pistes à la fois très fiables et très rentables en termes de temps, d’argent et d’énergie. D’ailleurs il n’aura pas échappé à certains que ce 23 mars 2010, des agents Pôle emploi (dont votre serviteur) sont en grève pour faire tinter la cloche d’alerte et c’est autant de temps perdu qui aurait pu être consacré au traitement des demandes d’allocation et au travail d’aide au retour à l’emploi pour les chômeurs, mais si le mouvement permet de sensibiliser la direction aux propositions précitées, alors croyez-moi que ça valait vraiment le coup pour l’efficience à venir de Pôle emploi et ce, peut-être dès demain.
Alors comment faire pour améliorer les conditions de traitement de la demande d’emploi qui afflue, afin de répondre à l’obligation d’adaptation/réadaptation des chômeurs pour une intégration sociale la meilleure ? Et bien des marges d’optimisation existent dans l’utilisation des moyens dont dispose Pôle emploi et nul besoin de faire travailler des experts pendant des mois, une nette amélioration peut se réaliser… dès demain !
Le principe : SIM-PLI-FIER le travail des agents et les démarches des demandeurs d’emploi. Simplifier pour donner de l’air et apporter de l’aide aux agents, simplifier pour permettre aux demandeurs d’emploi de se concentrer sur leur retour à l’emploi et non sur des tracasseries administratives. Quand vous pensez aux minutes perdus par chaque agent, multipliez par 50 000 agents et vous obtiendrez des milliers et des milliers de « journées/homme » perdues actuellement ! Voici quelques pistes concrètes :
- Modifier les dossiers de demande d’allocation, notamment le dossier de demande d’ASS qui génère beaucoup de flux de chômeurs qui n’y comprenne pas grand-chose. Le dossier de demande d’ARE doit également faire apparaître très clairement, en première page, qu’il faut impérativement tout remplir, tout cocher, tout signer et tout compléter des bonnes pièces pour ne pas provoquer des allers-retours de courriers ou de multiples passages à l’agence. Ces modifications ne sont que de la réécriture, une journée suffirait à un technicien pour en faire gagner des milliers à l’établissement.
- Modifier le document d’Attestation employeur avec un intitulé unique « Attestation Pôle emploi » et une mention très apparente du type « Original à remettre lors de toute demande d’allocation ». L’idéal serait un pont informatique entre l’employeur et Pôle emploi, ce qui existe déjà pour certaines agences d’Interim, mais c’est là une évolution à moyen terme plutôt.
- Indiquer clairement, par exemple par un affichage à l’accueil, le délai estimé de traitement des demandes d’allocation pour éviter les relances de chômeurs en attente de leur allocation. C’est au maximum 5 minutes de travail par semaine pour chacune des 1000 agences.
- Cesser immédiatement l’avalanche de nouvelles mesures et autres procédures que doivent encaisser les agents à chaque réunion hebdomadaire et consacrer ces réunions à de bonnes nouvelles en matière de simplification de leur tâche pour les soulager, leur redonner ainsi du tonus et les aider à se concentrer sur les tâches les plus essentielles. On sait que ça fait plaisir aux dirigeants politiques de montrer qu'ils agissent mais agir efficacement passe parfois par une décélération du rythme en actions superfl(o)ues. D'ailleurs, « assommer » les agents des notions techniques de l’autre métier (l’indemnisation pour le placement et vice versa) alors qu’ils peinent déjà à intégrer les nouveautés et mises à jour dans le leur, sans parler de la multiplication des requêtes particulières, ce n’est vraiment pas une bonne idée pour améliorer le service rendu dans chaque métier respectif…
- Optimiser le système d’information interne en facilitant l’accès aux informations les plus usuelles et en reléguant au second plan les informations plus marginales. Une simple étude des « clics » quotidiens des agents permettrait de réaliser ce réagencement stratégique de l’Intranet.
- Simplifier le système informatique de traitement des données par la même optimisation selon l’usage et par une suppression de tous les items inutiles.
- Réduire au minimum la saisie manuscrite de conventions et autres fiches de prescription grâce à la création de formulaires informatiques pré-remplis au maximum. Quelques heures de travail suffiraient pour en dégager encore une fois des milliers en travail opérationnel.
- Faciliter l’annulation de rendez-vous par un système automatisé sur Internet, avec un simple outil de téléchargement de justificatif, et par téléphone comme pour l’actualisation mensuelle. Les absences à rendez-vous, parfois même annoncés par les demandeurs d’emploi, font l’objet de nombreux allers/retours de courriers et autres flux de demandeurs d’emploi dans le cadre de procédures inutiles de radiation. Au passage ce serait plus écologique : d'une part moins de courriers ce serait moins de CO² et carburant consommé en acheminement, moins de papier, d'encre et d'électricité pour l'impression ; d'autre part moins de flux en agence ce serait moins de CO² et carburant consommé pour les allers et venues, moins d'entretien de la voirie, moins de réparations de véhicules, etc...
- Alléger le suivi physique des demandeurs d’emploi par un formulaire de suivi sur Internet ou sur papier, avec la possibilité pour l’agent de convoquer le demandeur d’emploi seulement si nécessaire.
- Faciliter l’intermédiation entre les employeurs et les demandeurs d’emploi par un formulaire de demande de profils spécifiques, notamment au regard des effectifs disponibles de demandeurs d’emploi qui devraient être identifiables par un outil de recherche en ligne (sans données nominatives pour permettre à Pôle emploi de gérer les situations particulières).
On aurait pu avancer encore d’autres solutions mais nécessitant un effort plus important en matière d’investissement, en tout cas voilà déjà de quoi donner à la direction de Pôle emploi des pistes à la fois très fiables et très rentables en termes de temps, d’argent et d’énergie. D’ailleurs il n’aura pas échappé à certains que ce 23 mars 2010, des agents Pôle emploi (dont votre serviteur) sont en grève pour faire tinter la cloche d’alerte et c’est autant de temps perdu qui aurait pu être consacré au traitement des demandes d’allocation et au travail d’aide au retour à l’emploi pour les chômeurs, mais si le mouvement permet de sensibiliser la direction aux propositions précitées, alors croyez-moi que ça valait vraiment le coup pour l’efficience à venir de Pôle emploi et ce, peut-être dès demain.
L’organisme Coface nous annonce aujourd’hui 67 000 faillites d’entreprises en 2010, autant dire encore d’innombrables suppressions d’emplois… Mais l’assureur crédit nous rassure aussitôt en prévoyant un impact financier en baisse. D’ailleurs le CAC 40 se porte plutôt bien ces jours-ci alors que l’emploi se porte lui de plus en plus mal, quel paradoxe me direz-vous !
Comment se fait-il que des millions de consommateurs français perdent du revenu en se retrouvant au chômage et que les capitaux des entreprises (enfin celles qui restent) résistent aussi bien ? Peut-être faut-il y voir une monopolisation du marché au détriment des PME et TPE, mais après tout on peut se passer de beaucoup d’entreprises, et donc d’emplois, vu que nous, français, consommons de plus en plus de produits étrangers, y compris des voitures de marque nationale d’ailleurs… Vous allez me dire : pour consommer on a quand même besoin d’un revenu conséquent et donc d’un travail ? Pfff, le monde des affaires s’en fiche bien du micro-marché français de 65 millions de consommateurs comparé aux marchés fabuleux des pays en développement, dont les 1,3 milliards de consommateurs chinois !
Moi je suis français, démocrate et écologiste, aussi je m’intéresse à mon peuple - dont je fais partie - et à son environnement. Pour la solution c’est donc par là. Car si nous continuons comme ça, nous regarderons bientôt vivre le Monde comme le SDF regarde vivre la France…
Moi je suis français, démocrate et écologiste, aussi je m’intéresse à mon peuple - dont je fais partie - et à son environnement. Pour la solution c’est donc par là. Car si nous continuons comme ça, nous regarderons bientôt vivre le Monde comme le SDF regarde vivre la France…
Rédigé par Yann Gaudin le Jeudi 18 Mars 2010 à 19:21
Face à la concurrence agressive de certains pays étrangers et aux contraintes écologiques à venir, créer de l’emploi par des mesures novatrices et volontaristes pourrait ne pas suffire à réduire durablement le chômage… si les actifs - chômeurs et salariés - ne jouent pas le jeu.
En effet, l’emploi dépend de la consommation, la consommation dépend du rapport qualité-prix, le rapport qualité-prix dépend de la productivité et la productivité dépend en partie de l’implication des salariés au travail. En 2007, un candidat à la présidentielle française faisait campagne sur le thème de la « valeur travail » et certains y ont cru (vu que le candidat a gagné) mais le marché du travail s’est pourtant nettement dégradé depuis… Car la valeur travail ne s’impose pas, elle s’acquiert et pour ce faire il est une autre valeur essentielle : la valeur entreprise.
On veut de la flexibilité, faire que le salarié soit interchangeable, qu’il soit prêt à changer très souvent d’entreprise et plusieurs fois de métier. Mais dès lors, quand le salarié ne voit pas l’intérêt de s’engager à fond pour un projet collectif qui ne sera peut-être plus le sien dans quelques temps, comment attendre de lui la plus grande implication dans l’entreprise, comment attendre qu’il participe pleinement au développement de l’entreprise par ses efforts et ses idées ? Par le dirigisme et la menace d’une rupture de contrat ? Au mieux on obtient le minimum syndical, au pire un départ qu’il faut compenser par l’embauche d’un nouveau collaborateur… Au passage le turn-over présente un coût pour l’entreprise puisqu’un nouveau salarié n’est pas opérationnel dès le premier jour, et le turn-over présente un coût pour la collectivité puisqu’un nouveau professionnel a besoin d’être formé.
Pire encore, brisez un salarié par un management tyrannique et vous avez toutes les chances d’alimenter le chômage de longue durée. On déplore que certains chômeurs ne chercheraient pas suffisamment du travail, soit, mais demandons-nous pourquoi certains ne mettent pas plus d’entrain à retourner sur le marché de l’emploi. Tout simplement parce qu’ils préfèrent parfois un sacrifice financier (à la charge de la collectivité) plutôt que revivre le cauchemar d’une expérience passée. Et c’est humain.
Rien ne sert donc de durcir les méthodes pour retirer le « meilleur jus » des salariés, bien au contraire c’est nuire à la globalité de notre système économique et social. Il est donc urgent de réfléchir au management en entreprise mais tous les contrôles du travail possibles n’y changeront rien si la direction d’une entreprise estime que sa gestion RH est optimale. Quoique la direction d’une entreprise, a fortiori dans une grande entreprise, ignore parfois les dégâts causés par son management intermédiaire aux secrets bien gardés dans les strates de la censure... Une solution pourrait changer la donne en sensibilisant toutes les directions de toutes les entreprises françaises à travailler sérieusement sur leur management : l’indice social.
Chaque entreprise française se verrait ainsi attribuer, chaque semestre, un indice social en 3 catégories : A, B et C.
Et ce nouvel indicateur aurait une importance capitale puisqu’il déterminerait à la fois la qualité de l’effectif de l’entreprise et en même temps sa capacité à lever des fonds. De quoi s’agit-il ? L’indice social reposerait sur une synthèse de plusieurs données factuelles concernant la santé sociale de l’entreprise. Voici un exemple de données :
- Ratio accidents du travail/salarié, donnée étroitement liée aux conditions de travail réservées aux salariés. Par contre il faut proscrire l’évaluation des arrêts de travail, ça ne ferait qu’ostraciser un peu plus des salariés déjà fragiles.
- Ratio procès perdus par l’entreprise aux prud’hommes/salarié. On pourrait ajouter les procès à caractère social devant d’autres juridictions.
- Évolution moyenne des salaires et autres avantages en nature.
- Dotation du CE/salarié.
- Rapport du revenu moyen du dernier décile sur celui du premier décile et rapport interdécile.
- Évolution moyenne de l’ancienneté à partir du 2ème décile.
- Taux d’adhésion à une organisation syndicale.
Dès lors, plus l’indice social de l’entreprise est bon et plus elle recrutera facilement, plus elle attirera les meilleurs éléments du marché de l’emploi donc plus elle améliorera sa productivité, ce qui facilitera sa levée de fonds en rassurant les investisseurs sur son potentiel économique. Cependant il ne s’agit pas d’établir un énième classement, il s’agit d’apporter une garantie simple et lisible aux salariés selon 3 niveaux :
A : l’entreprise est saine, vous pouvez lui faire confiance.
B : l’entreprise n’a pas une santé sociale optimale mais quelques ajustements la rendront saine.
C : l’entreprise n’est pas saine mais fait l’objet d’une surveillance.
Reste à déterminer le calcul de l’indice, autrement dit la compilation et la pondération des données retenues. Pour ne pas créer un climat social anxiogène à l’instauration de l’indice, il conviendrait de commencer par un calcul permettant au départ à une très large majorité des entreprises, par exemple 80%, de faire partie de la catégorie A. Cependant le calcul pourrait être progressivement réévalué pour conduire un maximum d’entreprises à l’excellence sociale, ce qui développerait chez tous les salariés sinon le plaisir de travailler, au moins le plaisir de faire partie d’un collectif, et ce qui donnerait à tous les chômeurs l’envie de s’engager à plein temps pour retrouver un emploi au plus vite.
Concilier l’humanisme à l’efficacité tout en s’adaptant aux contraintes écologiques, voilà l’objectif de Terre Démocrate.
Pour en savoir plus :
Quelle responsabilité sociale pour les entreprises ?
Indicateur économique (Wikipédia)
Conférence Nationale sur les Indicateurs du Développement Durable (CNIDD)
« Travailler moins pour travailler tous ! »…
… tel aurait pu s’intituler l’article, mais la gauche de la gauche française a déjà préempté la formule. Or, vous l’aurez compris, Terre Démocrate est une démarche véritablement apoliticienne. De plus le partage du travail par la gauche renvoie forcément aux 35 heures d’Aubry, 2 lois qui ont divisé le pays peut-être plus qu’elles n’ont véritablement créé de l’emploi… Remarquez, l’idée n’est pas tant de gauche puisque dès 1996 c’est la droite qui avait initié le principe avec la loi Robien… En tout cas, en période de chômage plus que jamais de masse, quand la productivité et l’exolocalisation des activités n’offrent pas de perspectives rassurantes à court terme et quand l’épuisement des ressources naturelles ne promet plus un développement volumétrique - pour l’industrie - à moyen/long terme, le partage du travail n’est plus seulement une question de solidarité, c’est une question de sécurité et d’efficacité pour ne pas sombrer dans le chaos économique et social.
« Et la compétitivité de nos entreprises ? Et notre pouvoir d'achat ? »
En fait il convient à nouveau de se détacher des vieilles ficelles politiques et notamment de la réforme encore sensible des 35 heures d'Aubry. Comme nous l'évoquions dans un article précédent, nous devons changer d’objectif collectif pour ne pas léguer à nos enfants une terre brûlée qui nous aura déjà tous fait mordre la poussière. Dans notre système productif, nous ne devons plus viser les simples variables valeur et volume. Naturellement nous devons aussi veiller à réduire les externalités négatives et surtout, nous devons préserver l’essentiel que sont la variable emploi et celle du bien-être.
Revenons sur l’enjeu : la France compte actuellement environ 24,2 millions d’emplois en équivalent temps plein pour 28 millions d’actifs. La différence est donc de 3,8 millions d’actifs, ce qui correspond au nombre de chômeurs toutes catégories, dont notamment les travailleurs à temps partiels recherchant un complément, sachant par ailleurs que les salariés à temps plein travaillent en moyenne 36 heures par semaine soit 1h de plus que le temps de travail légal... Notre capital d’heures travaillées est donc actuellement d’environ 850 millions hebdomadaires, dès lors le calcul est simple : pour que chaque actif français ait un emploi au temps plein légal et à masse salariale égale, ce temps plein devrait être de… 30,35 heures.
Sauf qu'en économie, compte tenu du chômage frictionnel, le plein emploi est considéré comme atteint à environ 5% de taux de chômage, ce qui nous donne une population au travail de 26,6 millions soit un équivalent temps plein pour tous à... 32 heures.
Rentrons dans le concret et prenons donc 32 heures comme nouvelle base de temps de travail. 32 heures payées 35 ? Mêmes causes, mêmes effets que la loi Aubry : pour un chiffre d’affaires constant à court terme, soit l’entreprise doit embaucher et augmenter ainsi sa charge salariale, soit l’Etat apporte des compensations financières aux entreprises, soit les salariés doivent augmenter leur productivité. Augmenter la charge salariale de nos entreprises ? Une folie, on ne peut évidemment pas les plomber davantage quand elles peinent déjà à lutter contre le dumping social féroce de certains pays en développement, l’effet à court terme serait catastrophique. En particulier pour l’emploi déjà nettement dégradé ! Compenser par des aides publiques ? Nous sommes déjà dans le rouge en matière de dette et donc pas à l’abri, si on n’y fait rien, d’un incident de paiement qui jetterait d’innombrables agents publics à la rue, sans aucun revenu de subsistance. Augmenter la cadence des salariés ? Nous sommes déjà quasi-champions du monde de la productivité, au prix de souffrances croissantes au travail qui conduisent à dégoûter les actifs et inciter alors au chômage de longue durée. Bon, bon, alors restons aux 35 heures si c’est comme ça.
Ce serait oublier les millions de chômeurs sans perspectives dont vous ferez peut-être partie bientôt, que vous soyez ouvrier, cadre ou fonctionnaire...
Ok alors donnons du travail à tout le monde grâce aux 32 heures en divisant donc la charge salariale d’autant de nouveaux emplois créés, et sans faire appel aux finances publiques. Reste alors 2 écueils majeurs : comme cité plus haut, le risque de pression accrue pesant sur les salariés pour qu’ils produisent autant en 32 heures qu’en 35 et surtout, le problème de la baisse de revenu pour ceux qui ont la chance d’avoir aujourd’hui un emploi à temps plein. Pour la pression, trop de productivité tue la productivité puisqu’on développe ainsi les ruptures de charge via les arrêts de travail et autres scories (accidents du travail, suicides, etc…), il est donc inenvisageable de pousser trop la machine productive à effectifs constants et des normes devront être fixées et strictement surveillées dans l’intérêt de tous à moyen/long terme, car personne n’a envie qu’un proche finisse mal d’avoir trop travaillé et ces dégâts coûtent chers à la société. Quant à la question du revenu, il est à distinguer (enfin) du pouvoir d’achat et au-delà, du pouvoir de bien-être. Un montant de salaire ne veut rien dire à lui seul, tout dépend de ce que l’on peut consommer. Or en matière de consommation, tout n’est pas forcément à acheter donc dépendant du pouvoir d’achat. Du coup, si une part de votre consommation devient gratuite ou presque, une baisse de salaire en proportion n’est plus un problème.
« Mais la gratuité, ça nuit forcément au marché économique et donc à l’emploi ? »
Ce qui est gratuit et aurait pu être vendu, oui. Ce qui est gratuit et aurait pu être vendu par un concurrent oui, aussi. Mais ce qui est gratuit ou presque et qui ne concurrence personne ne nuit pas au marché. 32 heures payées 32, c'est 13 heures de salaire en moins par mois (environ 90€ net au SMIC). Il est évident qu’avec un petit budget les dépenses de détente ne sont pas prioritaires et pourtant elles participent évidemment au bien-être de chacun. Des places de cinéma à 9 euros, n’y pensez pas ! Une adhésion au club de tennis à 200 euros, il faudra s’en passer aussi. Un week-end à l’hôtel pour 100 euros, trop peu accessible... Pourtant les entreprises de ces quelques activités prises en exemple font très souvent du vide qui leur coûte cher, un cinéma remplit rarement à 100% et pourtant il paye les mêmes charges. Les cours de tennis et ceux du prof ne sont pas plus occupés au maximum et pourtant la charge est invariable. Les hôtels ne sont complets que quelques jours dans l’année, pourtant des charges fixes sont incompressibles. Voilà donc l’innovation politique : passer une convention avec toutes les activités qui font du vide coûteux, afin de compenser la perte de revenu des salariés passés à 32 heures, par un accès ouvert - à très bas prix - à des activités dont ils n’étaient de toutes façons que peu consommateurs. Les entreprises desdites activités n’y perdraient pas, elles y gagneraient même probablement selon le principe du yeald management. Enfin ces nouveaux consommateurs deviendraient prescripteurs et augmenteraient donc l’affluence des activités concernées, activités qui sont pour la plupart génératrices d’emplois… non délocalisables.
Concernant la liberté de travailler plus (pour gagner plus par exemple...), le recours aux heures supplémentaires doit être maintenu, pourquoi pas à hauteur de la limite actuelle (48 heures maximum dans une même semaine), cependant il ne doit plus y avoir d'allègements pour que ce recours reste à caractère marginal et/ou ponctuel. Par ailleurs on peut prévoir dans un premier temps que la réforme soit incitative et non obligatoire, puis observer les résultats et décider en conséquence. Enfin il s'agit avant tout d'une solution d'urgence car à mesure que les autres propositions de cet atelier produiront leurs effets, on peut envisager un réajustement vers les 35 heures voire au-delà si nécessaire, notamment en cas de pénurie de main d'oeuvre.
Quant à la comparaison avec les autres systèmes étrangers, nous ne regarderons plus les pays où l'on travaille plus, ce sont ces pays qui nous regarderons vivre mieux.
Pour en savoir plus :
Partage du travail (Wikipédia)
Partage du travail, création monétaire, revenu de vie : vers le big-bang économique
La semaine de 4 jours à la carte (Pierre Larrouturou)
« Et la compétitivité de nos entreprises ? Et notre pouvoir d'achat ? »
En fait il convient à nouveau de se détacher des vieilles ficelles politiques et notamment de la réforme encore sensible des 35 heures d'Aubry. Comme nous l'évoquions dans un article précédent, nous devons changer d’objectif collectif pour ne pas léguer à nos enfants une terre brûlée qui nous aura déjà tous fait mordre la poussière. Dans notre système productif, nous ne devons plus viser les simples variables valeur et volume. Naturellement nous devons aussi veiller à réduire les externalités négatives et surtout, nous devons préserver l’essentiel que sont la variable emploi et celle du bien-être.
Revenons sur l’enjeu : la France compte actuellement environ 24,2 millions d’emplois en équivalent temps plein pour 28 millions d’actifs. La différence est donc de 3,8 millions d’actifs, ce qui correspond au nombre de chômeurs toutes catégories, dont notamment les travailleurs à temps partiels recherchant un complément, sachant par ailleurs que les salariés à temps plein travaillent en moyenne 36 heures par semaine soit 1h de plus que le temps de travail légal... Notre capital d’heures travaillées est donc actuellement d’environ 850 millions hebdomadaires, dès lors le calcul est simple : pour que chaque actif français ait un emploi au temps plein légal et à masse salariale égale, ce temps plein devrait être de… 30,35 heures.
Sauf qu'en économie, compte tenu du chômage frictionnel, le plein emploi est considéré comme atteint à environ 5% de taux de chômage, ce qui nous donne une population au travail de 26,6 millions soit un équivalent temps plein pour tous à... 32 heures.
Rentrons dans le concret et prenons donc 32 heures comme nouvelle base de temps de travail. 32 heures payées 35 ? Mêmes causes, mêmes effets que la loi Aubry : pour un chiffre d’affaires constant à court terme, soit l’entreprise doit embaucher et augmenter ainsi sa charge salariale, soit l’Etat apporte des compensations financières aux entreprises, soit les salariés doivent augmenter leur productivité. Augmenter la charge salariale de nos entreprises ? Une folie, on ne peut évidemment pas les plomber davantage quand elles peinent déjà à lutter contre le dumping social féroce de certains pays en développement, l’effet à court terme serait catastrophique. En particulier pour l’emploi déjà nettement dégradé ! Compenser par des aides publiques ? Nous sommes déjà dans le rouge en matière de dette et donc pas à l’abri, si on n’y fait rien, d’un incident de paiement qui jetterait d’innombrables agents publics à la rue, sans aucun revenu de subsistance. Augmenter la cadence des salariés ? Nous sommes déjà quasi-champions du monde de la productivité, au prix de souffrances croissantes au travail qui conduisent à dégoûter les actifs et inciter alors au chômage de longue durée. Bon, bon, alors restons aux 35 heures si c’est comme ça.
Ce serait oublier les millions de chômeurs sans perspectives dont vous ferez peut-être partie bientôt, que vous soyez ouvrier, cadre ou fonctionnaire...
Ok alors donnons du travail à tout le monde grâce aux 32 heures en divisant donc la charge salariale d’autant de nouveaux emplois créés, et sans faire appel aux finances publiques. Reste alors 2 écueils majeurs : comme cité plus haut, le risque de pression accrue pesant sur les salariés pour qu’ils produisent autant en 32 heures qu’en 35 et surtout, le problème de la baisse de revenu pour ceux qui ont la chance d’avoir aujourd’hui un emploi à temps plein. Pour la pression, trop de productivité tue la productivité puisqu’on développe ainsi les ruptures de charge via les arrêts de travail et autres scories (accidents du travail, suicides, etc…), il est donc inenvisageable de pousser trop la machine productive à effectifs constants et des normes devront être fixées et strictement surveillées dans l’intérêt de tous à moyen/long terme, car personne n’a envie qu’un proche finisse mal d’avoir trop travaillé et ces dégâts coûtent chers à la société. Quant à la question du revenu, il est à distinguer (enfin) du pouvoir d’achat et au-delà, du pouvoir de bien-être. Un montant de salaire ne veut rien dire à lui seul, tout dépend de ce que l’on peut consommer. Or en matière de consommation, tout n’est pas forcément à acheter donc dépendant du pouvoir d’achat. Du coup, si une part de votre consommation devient gratuite ou presque, une baisse de salaire en proportion n’est plus un problème.
« Mais la gratuité, ça nuit forcément au marché économique et donc à l’emploi ? »
Ce qui est gratuit et aurait pu être vendu, oui. Ce qui est gratuit et aurait pu être vendu par un concurrent oui, aussi. Mais ce qui est gratuit ou presque et qui ne concurrence personne ne nuit pas au marché. 32 heures payées 32, c'est 13 heures de salaire en moins par mois (environ 90€ net au SMIC). Il est évident qu’avec un petit budget les dépenses de détente ne sont pas prioritaires et pourtant elles participent évidemment au bien-être de chacun. Des places de cinéma à 9 euros, n’y pensez pas ! Une adhésion au club de tennis à 200 euros, il faudra s’en passer aussi. Un week-end à l’hôtel pour 100 euros, trop peu accessible... Pourtant les entreprises de ces quelques activités prises en exemple font très souvent du vide qui leur coûte cher, un cinéma remplit rarement à 100% et pourtant il paye les mêmes charges. Les cours de tennis et ceux du prof ne sont pas plus occupés au maximum et pourtant la charge est invariable. Les hôtels ne sont complets que quelques jours dans l’année, pourtant des charges fixes sont incompressibles. Voilà donc l’innovation politique : passer une convention avec toutes les activités qui font du vide coûteux, afin de compenser la perte de revenu des salariés passés à 32 heures, par un accès ouvert - à très bas prix - à des activités dont ils n’étaient de toutes façons que peu consommateurs. Les entreprises desdites activités n’y perdraient pas, elles y gagneraient même probablement selon le principe du yeald management. Enfin ces nouveaux consommateurs deviendraient prescripteurs et augmenteraient donc l’affluence des activités concernées, activités qui sont pour la plupart génératrices d’emplois… non délocalisables.
Concernant la liberté de travailler plus (pour gagner plus par exemple...), le recours aux heures supplémentaires doit être maintenu, pourquoi pas à hauteur de la limite actuelle (48 heures maximum dans une même semaine), cependant il ne doit plus y avoir d'allègements pour que ce recours reste à caractère marginal et/ou ponctuel. Par ailleurs on peut prévoir dans un premier temps que la réforme soit incitative et non obligatoire, puis observer les résultats et décider en conséquence. Enfin il s'agit avant tout d'une solution d'urgence car à mesure que les autres propositions de cet atelier produiront leurs effets, on peut envisager un réajustement vers les 35 heures voire au-delà si nécessaire, notamment en cas de pénurie de main d'oeuvre.
Quant à la comparaison avec les autres systèmes étrangers, nous ne regarderons plus les pays où l'on travaille plus, ce sont ces pays qui nous regarderons vivre mieux.
Pour en savoir plus :
Partage du travail (Wikipédia)
Partage du travail, création monétaire, revenu de vie : vers le big-bang économique
La semaine de 4 jours à la carte (Pierre Larrouturou)
L’Homme est un animal doué de raison, nous dit-on, lui permettant d’anticiper les dangers, de s’adapter aux environnements hostiles et d’améliorer sans cesse son confort. Mais le confort semble justement en avoir endormi certains, altérant du coup leur capacité à se protéger de risques graves…
Croire aux discours sur la « croissance verte » entretient d’ailleurs le confort intellectuel, se dire que la planète entière pourra s'enrichir toujours plus, sans changer de système ou presque et en préservant en même temps ce qui nous est vital, à savoir la Nature, voilà qui nous expose à de violentes surprises dont aucun de nous autres contemporains ni aucun de nos enfants ne sortiront indemnes. Il est temps de se réveiller, il est temps de se dire la vérité et de s’organiser autrement que par des mesures écologiques déconnectées de notre système socio-économique obsolète.
Vous voulez un exemple ?
En matière de confort matériel, 15 millions de foyers français ont choisi d’habiter en maison individuelle et pour entretenir un confort de vie à l’intérieur, il faut bien y maintenir une température supportable. Jusqu’ici on chauffait donc son habitation au fuel, au propane, au gaz de ville, à l’électricité ou au bois, mais ces énergies sont soit condamnées à l’épuisement (pétrole, gaz, uranium), soit improductibles à l’infini (bois). Il est donc essentiel de penser aux économies d’énergie si on ne veut pas dans l’avenir se retrouver en rupture de chauffage les mois les plus durs de l’hiver… Pour ce faire il y a bien sûr l’isolation mais il y a mieux encore pour les constructions nouvelles : l’habitat passif. En quoi ça consiste ? Il s’agit d’utiliser de nouvelles méthodes de construction et de nouveaux matériaux pour quasiment se passer de chauffage sans réduire la température ambiante. Formidable pour l’écologie, sachant que ça créé aussi plus de richesses à court terme puisqu’une maison passive coûte de 5 à 15% plus cher qu’une maison ordinaire (certes tout le monde ne peut pas se la payer du coup).
Mais faut-il pour autant ce réjouir de ce qui semble un idéal de développement durable ?
Surtout pas, enfin si nous ne changeons pas complètement notre système actuel reliant étroitement l’emploi aux richesses crées. Car figurez-vous que sur le moyen/long terme, la maison passive comparée à la maison ordinaire représente en fait une très forte décroissance. Pour le vérifier faisons un petit exercice, prenons une maison moderne de 120 m² en zone pavillonnaire. Si vous faites construire une maison ordinaire et que vous la chauffez au gaz de ville, par exemple, vous devrez investir dans une chaudière à remplacer tous les 10/12 ans, des radiateurs à remplacer tous les 30/40 ans, dans un abonnement GDF et dans un entretien annuel de la chaudière. Comptez, sur 50 ans et pour du matériel correct, en moyenne 70 000€ tout compris (en euros constants). Au passage vous aurez fait travailler sur toute cette période plusieurs intervenants, notamment des professionnels locaux (chauffagistes, salariés GDF, revendeurs de matériel).
Prenez maintenant la même maison de 120m² mais en construction passive. Comptez donc un surcoût à la construction de 5 à 15% plus un matériel de chauffage d’appoint (environ 15kw/h par m² et par an), par exemple une cheminée en bois qu’il faudra alimenter en bûches et bien entendu ramoner chaque année, plus un surcoût d’électricité pour le ballon d’eau chaude. Et bien, surcoût de construction + chauffage et alimentation du ballon d’eau chaude, comptez en moyenne 33 500€. Soit 36 500€ de consommation en moins qu’une maison ordinaire, soit une décroissance de plus de 50% ! Pour vous donner une image, si toutes les maisons françaises devenaient passives demain, environ 100 000 emplois seraient alors détruits... Pire encore, la redistribution des richesses serait bien plus mauvaise car au lieu d’alimenter des emplois sur toute la durée de vie de la maison, vous n'alimentez plus quasiment que les emplois de la construction initiale…
Alors bien sûr vous me direz que ce que vous ne dépenserez pas en chauffage vous le dépenserez ailleurs. Déjà il faudrait voir si vous le dépensez en productions locales pour compenser les emplois perdus et surtout, si vous êtes salarié GDF vous risquez de ne plus avoir rien à dépenser car plus d’emploi, si vous êtes un commerçant dudit salarié GDF vous aurez aussi une perte de revenu, si vous êtes ouvrier d’une production consommée par ledit commerçant dudit salarié GDF, vous risquez aussi votre emploi et votre pouvoir d’achat, etc… etc...
Evitons donc de nous auto-plumer, la tête dans le sable ! Regardons les choses en face, ne cédons pas aux discours démagogiques sur la « croissance verte » et construisons ensemble un nouveau modèle socio-économique sérieux pour nous adapter aux évolutions écologiques.
Pour en savoir plus :
La maison passive sur Ékopédia
Site français sur la maison passive
Site belge sur la maison passive
Blog sur la maison durable & écolo
Vous voulez un exemple ?
En matière de confort matériel, 15 millions de foyers français ont choisi d’habiter en maison individuelle et pour entretenir un confort de vie à l’intérieur, il faut bien y maintenir une température supportable. Jusqu’ici on chauffait donc son habitation au fuel, au propane, au gaz de ville, à l’électricité ou au bois, mais ces énergies sont soit condamnées à l’épuisement (pétrole, gaz, uranium), soit improductibles à l’infini (bois). Il est donc essentiel de penser aux économies d’énergie si on ne veut pas dans l’avenir se retrouver en rupture de chauffage les mois les plus durs de l’hiver… Pour ce faire il y a bien sûr l’isolation mais il y a mieux encore pour les constructions nouvelles : l’habitat passif. En quoi ça consiste ? Il s’agit d’utiliser de nouvelles méthodes de construction et de nouveaux matériaux pour quasiment se passer de chauffage sans réduire la température ambiante. Formidable pour l’écologie, sachant que ça créé aussi plus de richesses à court terme puisqu’une maison passive coûte de 5 à 15% plus cher qu’une maison ordinaire (certes tout le monde ne peut pas se la payer du coup).
Mais faut-il pour autant ce réjouir de ce qui semble un idéal de développement durable ?
Surtout pas, enfin si nous ne changeons pas complètement notre système actuel reliant étroitement l’emploi aux richesses crées. Car figurez-vous que sur le moyen/long terme, la maison passive comparée à la maison ordinaire représente en fait une très forte décroissance. Pour le vérifier faisons un petit exercice, prenons une maison moderne de 120 m² en zone pavillonnaire. Si vous faites construire une maison ordinaire et que vous la chauffez au gaz de ville, par exemple, vous devrez investir dans une chaudière à remplacer tous les 10/12 ans, des radiateurs à remplacer tous les 30/40 ans, dans un abonnement GDF et dans un entretien annuel de la chaudière. Comptez, sur 50 ans et pour du matériel correct, en moyenne 70 000€ tout compris (en euros constants). Au passage vous aurez fait travailler sur toute cette période plusieurs intervenants, notamment des professionnels locaux (chauffagistes, salariés GDF, revendeurs de matériel).
Prenez maintenant la même maison de 120m² mais en construction passive. Comptez donc un surcoût à la construction de 5 à 15% plus un matériel de chauffage d’appoint (environ 15kw/h par m² et par an), par exemple une cheminée en bois qu’il faudra alimenter en bûches et bien entendu ramoner chaque année, plus un surcoût d’électricité pour le ballon d’eau chaude. Et bien, surcoût de construction + chauffage et alimentation du ballon d’eau chaude, comptez en moyenne 33 500€. Soit 36 500€ de consommation en moins qu’une maison ordinaire, soit une décroissance de plus de 50% ! Pour vous donner une image, si toutes les maisons françaises devenaient passives demain, environ 100 000 emplois seraient alors détruits... Pire encore, la redistribution des richesses serait bien plus mauvaise car au lieu d’alimenter des emplois sur toute la durée de vie de la maison, vous n'alimentez plus quasiment que les emplois de la construction initiale…
Alors bien sûr vous me direz que ce que vous ne dépenserez pas en chauffage vous le dépenserez ailleurs. Déjà il faudrait voir si vous le dépensez en productions locales pour compenser les emplois perdus et surtout, si vous êtes salarié GDF vous risquez de ne plus avoir rien à dépenser car plus d’emploi, si vous êtes un commerçant dudit salarié GDF vous aurez aussi une perte de revenu, si vous êtes ouvrier d’une production consommée par ledit commerçant dudit salarié GDF, vous risquez aussi votre emploi et votre pouvoir d’achat, etc… etc...
Evitons donc de nous auto-plumer, la tête dans le sable ! Regardons les choses en face, ne cédons pas aux discours démagogiques sur la « croissance verte » et construisons ensemble un nouveau modèle socio-économique sérieux pour nous adapter aux évolutions écologiques.
Pour en savoir plus :
La maison passive sur Ékopédia
Site français sur la maison passive
Site belge sur la maison passive
Blog sur la maison durable & écolo
Rédigé par Yann Gaudin le Mercredi 3 Mars 2010 à 18:08
Elle est belle n'est-ce pas ? Et pas chère nous dit-on ! Moins de 20 000 euros pour cette future Renault "WIND" qui excite déjà tout le petit monde de l'automobile. C'est sûr, elle devrait avoir du succès et c'est une bonne nouvelle pour l'emploi... en Slovénie.
Notre marque nationale au losange semble en effet de moins en moins complexée d'abandonner ses concitoyens à leur sort de chômeurs, travailleurs précaires et autre classe moyenne glissant sur la peau de banane de la crise : après la DACIA roumaine, la CLIO 4 turque, voilà la WIND qui sera uniquement produite en Slovénie, tout comme la TWINGO 2 d'ailleurs.
La "WIND", un nouveau véhicule peu écologique puisque ce roadster essence ne pourra accueillir que 2 passagers et puis un nouveau modèle peu citoyen qui fera s'envoler un peu plus encore l'emploi local dans le vent de la mondialisation...
Rédigé par Yann Gaudin le Mardi 2 Février 2010 à 21:44
On peut d’ailleurs rajouter « pour le pouvoir d’achat » car, comme l’indique l’article précédent, il convient de remettre les choses dans l’ordre et de ne plus voir en matière de pouvoir d’achat que les seules « sorties », à savoir le montant que l’on dépense pour tel ou tel achat, mais le pouvoir d’achat commence d’abord par les « entrées », à savoir le revenu qui nous permet de consommer…
Comme vous pourrez le constater, dans la liste de bonnes pratiques il est beaucoup question de consommation la plus locale possible, parce que cela soutient l’activité productive environnante de chacun donc l’économie et les recettes publiques, donc les salaires, les retraites et les allocations. Mais consommer plus local diminue aussi le transport, notamment de marchandises, donc consommer plus local réduit l’empreinte écologique de notre consommation. Il ne s’agit pas de protectionnisme mais de localisme dans la mesure où l’Alsacien fait mieux de consommer un bien ou service de la Rhur voisine plutôt que du pays Basque, et le Basque de l’Espagne voisine plutôt que du Nord-Pas de Calais, mais c’est aussi consommer plutôt africain qu’américain, plutôt oriental qu’asiatique. Il ne s'agit pas non plus de renoncer au co-développement des pays les plus pauvres, nous pouvons très bien partager notre savoir-faire avec eux et ces pays pauvres, notamment en Afrique, auraient également tout intérêt à profiter de leurs ressources locales pour créer des richesses et de l'emploi plutôt que d'être quasiment pillées par des pays extérieurs souvent lointains...
Voici pêle-même une liste pour vous favoriser l'emploi, l'économie, l'écologie et le pouvoir d'achat :
• Quand on a le choix de son mode de chauffage, se chauffer au bois ou mieux, isoler son habitation et dépenser le gain en chauffage à moyen/long terme dans une consommation la plus locale possible.
• Acheter une voiture produite en France plutôt que produite en Europe de l’Est ou en Asie ou mieux, faire du covoiturage et prendre les transports en commun le plus souvent possible, voire utiliser un vélo assemblé ou entièrement fabriqué en Europe si vous en avez la possibilité.
• S’habiller avec le maximum de textiles européens, même si c’est de plus en plus difficile (bien que certaines marques produisent encore en France, peut-être près de chez vous), ça vous coûtera un peu plus cher mais ce seront certainement des textiles de meilleure qualité que vous pourrez porter plus longtemps.
• Repérer les marques d’électroménager qui produisent encore en France ou en Europe, là aussi les appareils dureront peut-être plus longtemps ce qui vous coûtera moins cher en rééquipement.
• Faire attention aux dépenses énergétiques domestiques (luminaires, appareils en veille, etc…) et dépenser le gain dans une consommation la plus locale possible.
• Acheter le maximum de produits alimentaires (de saison) au marché ou mieux, auprès d’un agriculteur local (par exemple dans une AMAP), ça coûte parfois moins cher que le supermarché !
• Demander aux écoles que la cantine s’approvisionne auprès d’agriculteurs locaux.
• Fumez plutôt des cigarettes du groupe Altadis ou mieux, arrêtez de fumer et dépensez le gain dans une consommation la plus locale possible.
• Visitez toutes les régions de France et d’Europe avant de visiter des régions lointaines, d’ailleurs certaines régions proches ressemblent beaucoup à des régions lointaines !
• Pour l’ameublement, privilégiez le bois (non exotique) plutôt que le plastique.
• Pour vos achats, privilégiez l’occasion auprès de particuliers locaux (par exemple via le Bon Coin) plutôt que du neuf auprès de revendeurs importateurs.
• Privilégiez un spectacle vivant (concert, théâtre, fête folklorique) plutôt qu’un DVD.
• Faire du sport plutôt que jouer à la console vidéo.
• Acheter des jouets en bois locaux plutôt que des jouets en plastique lointains.
• Pour la décoration intérieure, privilégier les peintures plutôt que les posters dans un cadre en plastique, certaines peintures sont très abordables et plus on en achètera, plus elles seront abordables.
• Se soigner et dépenser en frais esthétiques le plus près de chez soi.
• Boire plutôt des alcools locaux (avec modération !), par exemple du vin bordelais plutôt que du Chili.
• Boire de l’eau minérale d’une source locale et mieux, boire de l’eau du robinet avec une carafe filtrante produite en France ou en Europe.
• Faire construire avec le maximum de matériaux locaux, privilégier les ouvertures en bois plutôt qu’en plastique.
Pour compléter la liste, vos propositions sont les bienvenues ! Mais si nous appliquons déjà ces conseils le chômage diminuera très rapidement et nos revenus - salaires, retraites, allocations - seront sécurisés durablement.
Pour en savoir plus :
Bonnes pratiques pour le développement durable
Rédigé par Yann Gaudin le Lundi 18 Janvier 2010 à 05:37
Agenda Terre Démocrate
Dernières contributions
Documents de travail
Forum du groupe
Wiki du groupe
Annonces Nationales
-
Football et moralité
Le lamentable épisode sud africain de l’équipe de France de football, devrait conduire les amoureu...Richard Hasselmann le 24/06/2010 -
L'ombre propice
Le pas de deux de Madame BOUTIN, la pitrerie de Monsieur de RAINCOURT, Ministre qui ne sait plu...Richard Hasselmann le 19/06/2010 -
Management des idées
Ce qui suit va sembler paradoxal à beaucoup, mais il me paraît opportun de commettre ce peti...Richard Hasselmann le 13/06/2010
Ateliers Terre Démocrate
Archives du groupe
Nuages de Tags
Adam Smith
Agriculture
AMAP
Batteries lithium
Biodiversité
CAC 40
Chefs d'entreprise
Chômage
Cigarettes
Co-développement
Consommation locale
Croissance verte
Croissance économique
Création d'emplois
Demandeurs d'emploi
Décroissance
Délocalisations
Démocratie
Développement durable
Emploi
Emplois verts
Evasion commerciale
Filière chauffage
Industrie automobile
Industrie du tabac
Lien PIB emploi
Localisme
Mac Do
Maison passive
Mondialisation
Néo-libéralisme
Population active
PSA
Pôle emploi
Redistribution des richesses
Renault
Salariés
Secteurs d'activité
Solidarité
Travail
© Terre Démocrate, 2009
L'utilisation des informations de ce site est soumise à la licence Creative Commons 2.0 type BY-NC-SA.
L'utilisation des informations de ce site est soumise à la licence Creative Commons 2.0 type BY-NC-SA.



































