Que doit/peut être la consommation soutenable ? A quoi voulons-nous parvenir ?


Ce que doit être, ce que peut être, la consommation en accord avec les limites bio geo physiques et le maintien d’un certain niveau de qualité de vie est à définir. Le premier thème à traiter sera donc de dessiner les contours de cette « objet rêvé » que peut être la consommation durable / responsable / soutenable.

Qu'est-ce pour vous que la consommation soutenable ?
Rédigé par Basile Gueorguievsky le Lundi 8 Mars 2010 à 12:55

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Pour proposer une politique de la consommation, nous aborderons successivement les douze thèmes proposés ci-dessous


1. La consommation soutenable
Ce que doit être, ce que peut être, la consommation en accord avec les limites bio geo physiques et le maintien d’un certain niveau de qualité de vie est à définir. Le premier thème à traiter sera donc de dessiner les contours de cette « objet rêvé » que peut être la consommation durable / responsable / soutenable.

2. Au-delà du progrès technique
Cette révolution douce ne pourra pas – autant éliminer d’emblée ce rêve – se faire par la seule « moins disance » de l’offre via des améliorations techniques : l’ampleur des réductions programmées à horizon 2050 rend cette perspective illusoire. Il faudra un effort sur soi de la part des consommateurs. Les pays riches devront prendre une pente de diminution des volumes de matières consommée – de déconsommation et de dématérialisation - pour lutter contre la raréfaction des ressources en période d’augmentation de la population mondiale.

3. La responsabilité des consommateurs
Avant toute chose il faudra poser clairement le problème de la responsabilité des consommateurs en des termes audibles et acceptables. Les consommateurs ne pensent pas spontanément qu’ils sont le problème. Ils préfèrent croire que ce sont les entreprises qui le sont, sans voir qu’elles produisent pour des utilisateurs finaux, donc pour eux. Un changement de perspective sur les responsabilités finales est nécessaire. Il faut créer l’électrochoc initial.

4. La coopération volontaire
La transformation post consumériste ne pourra pas se faire top-down. Elle repose sur l’engagement personnel et responsable des individus, sur leur désir de se discipliner face aux tentations et aux habitudes, et de s’auto contrôler durablement. Elle sera par nécessité participative.

5. Les consommateurs détiennent une partie de la solution
Afin de donner envie de cette révolution douce, il faudra faire prendre conscience du rôle historique qui sera celui des populations. Dans des pays où le citoyen se dit volontiers désabusé face aux forces immenses qui s’imposent à tous, pour une fois, il aura la main. Les citoyens consommateurs ne seront plus de simples récepteurs. Ils seront collectivement la source et la solution du problème. Concrètement ce seront les consom’acteurs qui, par leurs achats, contrôleront et stimuleront la production et donc les émissions polluantes. Ils peuvent s’ils le veulent agir vite et donner un vrai coup d’accélérateur. La fierté issue de la contribution à un vrai processus de démocratie participative, avec des enjeux historiques lourds, sera un facteur important de la réussite.

6. Des valeurs post-matérialistes
Afin de susciter la participation et l’adhésion au projet collectif, il faudra en rendre clairement lisibles les finalités et les avantages. Les dangers de ne rien faire sont traités par les médias, et le sentiment d’une responsabilité générationnelle se répand. Mais personne ne comprend bien ce qui se cache derrière le développement durable. Il faudra populariser les principes sur lesquels sera construite cette autre croissance, ainsi que ses avantages. La formulation d’une « morale pour un temps post matérialiste» sera indispensable, car elle permettra de réintroduire de l’idéal dans une société souffrant d’une approche trop exclusivement gestionnaire. Les questions comptables ne mobiliseront pas les bonnes volontés.

7. « Je consomme donc je suis » ?
Dans le régime d’hyperconsommation qui est le nôtre, les produits matériels sont également symboliques. En supplément de la satisfaction des besoins, ils consolent du mal être, ils offrent un statut visible précieux, ils renforcent le moi « assiégé » par la vie urbaine. Les fonctions symboliques des objets sont devenues socialement indispensables et devront être prises en charge par d’autres moyens. A défaut, on n’enregistrerait aucun progrès sur le front de l’hyperconsommation. Les marketeurs, qui ont largement popularisé l’usage symbolique des objets, devront s’occuper de cette question cruciale pour le succès général.

8. Le marketing comme outil de popularisation de la soutenabilité
Les marketeurs, puisqu’il s’agit d’eux, auront un autre rôle essentiel. Il faudra diffuser le nouveau modèle de consommation compatible avec les objectifs à 2050, le rendre attractif, motivant, stimuler la demande des produits low carbon auprès des populations réticentes ou passives. Leurs outils pointus de création de désir seront alors utilisés pour une bonne cause. Avec l’éducation nationale, les RH d’entreprises, les associations et les forums Internet, ils formeront les grands appareils qui permettront la popularisation du nouveau modèle.

9. Des outils incitatifs
On ne réussira pas à convaincre les plus réticents à changer s’ils n’y voient pas un intérêt pratique. L’Etat devra inventer les motivations nécessaires, sur le modèle du bonus-malus, ou des cadeaux fiscaux, ou tous autres stimulants à inventer.

10. Mesurer et faire connaître les impacts et les progrès
Pour responsabiliser individuellement les individus vis-à-vis d’un processus de changement de leur propre consommation s’étalant année après année sur 40 ans, il est indispensable que chacun puisse mesurer soi-même les progrès parcourus ou au moins connaître les impacts relatifs des différentes offres.
Les communautés, toujours dans le même esprit, devront pouvoir informer leurs membres des succès obtenus de manière à éviter l’effet bien connu de solitude, et le sentiment d’inanité des efforts qui lui est conséquent. La publicité des progrès sera la clef de la dynamique de succès.

11. Faire connaître les alternatives
Les solutions à la baisse des impacts environnementaux de la consommation passent par l’éco-conception, l’allongement de la durée de vie des produits et le passage du produit au service. Des informations inédites devront être inventées, pour coller au plus près à la philosophie de la consommation post-matérialiste durable.

12. Coordonner un mouvement global
Le volet de coordination internationale entre consommateurs responsables n’est pas à négliger. Le projet de consommation durable ne prend son sens que par rapport à un problème écologique global. Il peut-être une des toutes premières manifestations d’une conscience planétaire au niveau des populations elles-mêmes. Les études internationales menées sur le sujet sont éloquentes, les avant-gardes de tous les pays offrent des nombreux points communs, et partagent leurs objectifs de transformation . Les forums d’échange, les réseaux, les associations multi-pays, sont à promouvoir.
Rédigé par Basile Gueorguievsky le Jeudi 4 Mars 2010 à 18:41

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Comme sa sœur ennemie l’hyperconsommation, la consommation durable s’enracinera dans un nouveau projet de société. Elle devra amener à revisiter nos convictions, nos valeurs morales, nos conceptions de l’art de vivre, notre responsabilité face aux autres, notre vision de la liberté individuelle, notre rapport à la possession matérielle. Ce qui rend très ambitieux l’indispensable passage aux pratiques de consommation durables, c’est précisément qu’il s’agit d’un changement de fond, et pas seulement de l’adoption de nouvelles pratiques d’achat.


Des avant-gardes ont déjà franchi le pas d’une alter-consommation, plus consciente et plus écologique (les sociologues les évaluent à 20% des français). Mais derrière les minorités innovantes, historiquement opposées à ce modèle, attendent des majorités résistantes qui ont été formatées par l’hyperconsommation et par son projet de société, par son bonheur marchand, qui l’aiment et le désirent, et qui ont figé en routines addictives les pratiques non durables qui nous ont mené à la situation actuelle. Le changement social et culturel qui nous attend est radical, aussi grand que celui qui a caractérisé les 40 années de la phase consumériste . Mais il ne pourra pas être fait brutalement, ni rapidement, car il demandera la participation de tous. Il sera une révolution, mais une révolution douce.

Pour fixer les idées, on peut poser quelques repères généraux. L’entrée dans le monde non durable est datée : elle deviendra irréversible en 2050 si les courbes de consommation des ressources naturelles, d’émission de C02, de pollutions chimiques, suivent leur trajectoire actuelle. Pour parer à cette éventualité, des courbes alternatives vertueuses et de nouvelles valeurs cibles ont été énoncées par les scientifiques (parmi d’autres : réduction de 80% des émissions de C02 dans les pays développés, soit 2% par an). La consommation est un facteur clef dans la création des déséquilibres ; en effet, plus de la moitié des émissions de gaz à effet de serre d’un ménage français est due selon l’Ademe aux produits et services de la vie quotidienne sur l’ensemble de leu cycle de vie. La consommation est donc un problème majeure mais aussi de facto un important levier de changement.
Dans cette approche, la consommation durable peut être définie de manière mesurable. Un flux de consommation sera non durable s’il suit, année après année, la pente actuelle des prédations et pollutions. Ce flux deviendra durable s’il se conforme, dés maintenant, et pour 40 ans, à la courbe idéale qui mène aux objectifs cibles. La consommation durable est ainsi définie par des objectifs quantifiables à horizon 2050, ceci valant pour toutes les échelles prises en considération (au niveau de la planète globale, à celui d’un pays, des territoires, des communes, ou des foyers), notamment en reprenant la valeur générale de réduction de 80% des émissions carbone. Concrètement, en suivant ce raisonnement, un foyer sera consommateur durable s’il réduit, notamment, sa production de CO2 de 2% par an dans les prochaines 40 années. Ces données sont moyennes, grossières donc, et demanderont à être affinées en tenant compte des profils spécifiques des foyers ou communautés, des pays et en considérant aussi des indicateurs renseignant sur les autres impacts environnementaux.

On peut esquisser à partir de là les acteurs et les thématiques à explorer pour bâtir une action concertée et passer à la consommation durable.

Les acteurs
Cette révolution douce sera animée par un trio interdépendant :
- Les consommateurs, acteurs du changement, qui auront pour tâche de transformer leurs pratiques d’achat, de surveiller leurs propres progrès, qui activeront par leurs achats citoyens l’offre des industriels. L’empowerment du consommateur est la condition de réussite ; il devra être facilité et stimulé
- Les industriels et distributeurs qui mettront leur R&D, leurs réseaux, leurs usines, leurs produits, leurs prix, au service des objectifs de réduction des pollutions et plus largement favoriseront l’accès de tous aux produits moins disants
- L’Etat régulateur, qui définira avec la société le nouveau projet collectif, le fera connaître, stimulera la prise de conscience des populations réticentes, et orchestrera la mise en œuvre du changement. Il est indispensable qu’il adopte une attitude volontariste et assume sa position de leader délégué.
Rédigé par Basile Gueorguievsky le Jeudi 4 Mars 2010 à 18:21

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Quelques chiffres sur la consommation responsable en France


- 79% des Français se déclarent prêts à consommer de manière responsable (Assises de la consommation durable 2009)
- 72% des français favorables à un étiquetage écologique (Assises 2009)… mais 297 produits sont labellisés (sur plus de 60 000 références en hyper)
- 61% acceptent à qualité identique de payer +5% en supplément, en contrepartie d’engagements de citoyenneté (+9% entre 2002 et 2007) (Credoc 2007)
- 43% sont sensibles aux valeurs citoyennes lors de l’achat (= tient compte des engagements de citoyenneté lors de l’achat + prêt à payer 5% de plus pour cela + a boycotté un produit + a acheté un produit « engagé » dans les 6 derniers mois) : 18% de « convaincus » (+ 8% depuis 2002) + 25% de « sensibles » = 43% (Credoc 2007)
- 31% a au moins une fois boycotté un produit (+ 5% depuis 2002), 13% dans les 12 derniers mois (Credoc 2007)
- 21% a acheté un produit citoyen dans les 6 derniers mois (Credoc 2007)
- 20% des français se déclarent éco-consommateurs (Assises de la consommation 2009)
- 4% le font vraiment (Assises de la consommation 2009)
Rédigé par Eric Fouquier le Samedi 12 Décembre 2009 à 01:03

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Les Ateliers de «Terre démocrate» ont pour objectif de recueillir un maximum de «bonnes pratiques» et de propositions d’action concrète relatives à leurs thèmes. Ce sont donc des ateliers orientés vers l’action opérationnelle et non vers la réflexion pure.

Leur principe est celui de la contribution : les membres des ateliers rédigent des propositions qu’ils adressent ensuite au responsable via le site Internet, et que les autres participants pourront venir enrichir. Une contribution peut émaner d’un participant unique, ou d’un groupe qui se sera préalablement constitué pour élaborer une proposition.

Vous pouvez intervenir sur ce site de deux façons différentes :

1) si vous êtes simple visiteur, vous aurez accès aux articles du blog et au forum ; et vous pourrez poster des commentaires soit sur le forum, soit à la suite d’un article ;

2) si vous souhaitez participer à l’atelier, vous devrez d’abord adhérer à «Terre démocrate» et vous inscrire comme participant. Vous recevrez alors un identifiant qui vous permettra d’accéder à la partie contributive du site, sur laquelle vous pourrez déposer vos propres textes ou intervenir sur ceux des autres contributeurs.
Rédigé par Eric Fouquier le Samedi 12 Décembre 2009 à 00:50

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Bonjour,

Ce blog est une plate-forme pour le développement d’une pensée collective. Vous êtes invités à participer pour nous aider à :
-Définir ce que serait idéalement la consommation compatible avec les ressources naturelles et les besoins humains
-Identifier les étapes et obstacles structurels, culturels, politiques et économiques
-Faire part des bonnes idées et bonnes pratiques
-Proposer des actions permettant de les dupliquer




D’un point de vue environnemental, les produits et services de la vie quotidienne sont, sur l’ensemble de leur cycle de vie, responsables de plus 50% des émissions de gaz à effet de serre d’un ménage Français. Chaque Français produit plus de 400 kg de déchet par an. Plus d’un kilo par jour ! Les impacts environnementaux de ce modèle sont d’autant plus insoutenables qu’il se propage au monde entier.
Qu’il s’agisse de produits éco-conçus, de nouveaux services, de nouveaux comportements, d’alter consommation, de sobriété, voire de refus de consommation…des solutions émergent depuis plusieurs années.

Sont-elles généralisables ? Comment les faire connaître et surtout accepter par le plus grand nombre ? Et finalement, d’un point de vue politique quel est le véritable pouvoir du consommateur ? Si la consommation est omniprésente, est-ce par là qu’il faut aussi traiter les causes des problèmes environnementaux, sociaux et sociétaux ? Est-ce par ce biais que les comportements, les valeurs peuvent évoluer ?
Rédigé par Eric Fouquier le Samedi 12 Décembre 2009 à 00:42

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