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Le billet du lundi : Paradoxes
L’actualité des médias porte encore sur l’identité nationale ou sur la double rémunération du président d’EDF. Par contre, quels sont les échos faits à la question de la précarité et du million de chômeurs qui se retrouveront en fin de droits en 2010 ?
La promesse présidentielle du « Travailler plus pour gagner plus » a été mise en œuvre avec la défiscalisation partielle des heures supplémentaires d’avril 2008, entrainant une déstabilisation de l’emploi intérimaire et en CDD. A ce phénomène, s’ajoute la réduction progressive et durable de la durée d’indemnisation des chômeurs, et le plafonnement uniforme de cette indemnisation à 23 mois à partir de février 2009. De plus, la récession économique de l’été 2008 et l’envolée du chômage amplifient la dégradation de l’emploi. Sur le million de futurs exclus de l’assurance chômage, 38% d’entre eux seulement auront accès à une aide sociale : l’allocation spécifique de solidarité (ASS), réservée aux salariés ayant travaillé au moins 5 ans dans les 10 dernières années, ne devrait concerner que 17% environ des fins de droit. Le RSA, pour sa part, dépend des revenus du conjoint. Ces aides ne règlent souvent pas la question de la précarité : l’ASS est de 450 euros mensuels au mieux. Les statistiques du RMI en 2005 permettent de mesurer la précarité des futurs exclus : 80% des allocataires du RMI vivaient en dessous du seuil de pauvreté. En bref, sur les réorganisations et suppressions de postes dans les fonctions publiques, quels échos récents ? Au regard des considérations précédentes, Le Pôle Emploi est en difficulté, débordé par l’envolée du chômage et par la désorganisation du fait de la fusion mal préparée des ASSEDIC et de l’ANPE. La fermeture des services pour rattraper les retards de dossiers intraités comme en août dernier, ou la sollicitation d’agences privées à prix d’or sont ils de réelles solutions durables ? Les prochaines élections professionnelles dans la police du 25 janvier 2010 laissent elles apparaître un malaise entre la dictature du chiffre et les effectifs en chute libre ? La révision générale des politiques publiques (RGPP) prévoit de supprimer 10%. Que dire des réductions prévues à l’APHP, des regroupements de directions dans les départements, qui inquiètent tout particulièrement à l’Équipement et à la Répression des fraudes ? La faible mobilisation de la journée d’action du 21 janvier 2010 est sans commune mesure avec l’ampleur des réformes en cours et leur perception par les fonctionnaires. Que signifie-t-elle ? Il existe donc un chantier à mener sur la notion de réforme car ce n’est pas une fin en soi et son élaboration nécessite débats et préparation. Ces questions méritent réponses. Vous avez surement des pistes. Partageons-les ! Lundi 25 Janvier 2010
Terre Démocrate
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